Une jeune femme m’a téléphoné un dimanche pour se renseigner sur les métiers du  monde associatif car elle souhaite travailler dans une association. En effet, encore étudiante, elle se pose beaucoup de questions sur son avenir. Elle vient de finir Sciences Po et va commencer un master au titre un peu mystérieux. Mais comme beaucoup de jeunes de la nouvelle génération, elle veut donner du sens à sa vie et à son futur projet professionnel. L’utilité sociale et la réalisation de soi sont désormais des motivations plus fortes que le salaire en tant que tel.  Le milieu associatif offre  en effet l’opportunité de concilier les deux.

Donc Clara se demande à quoi ressemblent la vie quotidienne et une expérience professionnelle pour ceux qui travaillent dans une association. Certes, elle est adhérente d’un club. Parfois elle prête un coup de main. Elle donne aussi à certaines collectes caritatives. Mais elle soupçonne que sa vision du mouvement associatif soit superficielle.

De fait, une très grande majorité des personnes qui ne sont pas REELLEMENT impliquées dans des association ou fondations ne font qu’en effleurer le fonctionnement.

Alors j’ai trouvé que la question de Clara pourrait servir à tous, candidat salariés ou bénévoles. Voici, le résumé d’une heure de conversation pour aider votre réflexion avant de vous engager dans une association.

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Travailler dans une association comme bénévole

 

Au risque d’enfoncer une porte ouverte, je vous rappelle que toutes les actions réalisées par les bénévoles constituent un travail. Le terme « but non lucratif (personnel) » prend tout son sens. Les bénévoles donnent leur temps mais ce temps correspond à une mission, donc en réalité, ils donnent l’objet de la mission.

Travail précaire.

Cet engagement citoyen s’appuie sur un contrat moral solidaire dans un pur esprit associatif. L’activité bénévole est dispensée de toute obligation mais aussi privée de tous les droits: pas de lien de subordination certes, mais pas non plus de protection sociale. La précarité touche  les deux versants de la collaboration. Tant pour le bénévole qui ne peut prétendre à rien mais aussi pour l’association qui peut le voir partir à tout moment. En y réfléchissant, le secteur associatif fonctionne majoritairement grâce à ces collaborations instables.

Le fait que les bénévoles fournissent ce travail gratuitement et sur leurs heures de loisirs n’en réduit pas le bénéfice pour la société et l’économie nationale. Il est évident que le travail des bénévoles génère une richesse pour l’association et pour le pays. Pourtant il est rarement considéré comme tel. Parfois même, il est décrié.

Notez que le cumul des taches et des heures ainsi effectuées représentent l’équivalent de nombreux emplois. Néanmoins, ces missions n’auraient pas pu être pourvues comme emploi : Pas assez d’heures, missions ingrates, des horaires décalés, manque de reconnaissance. Je suis sùre que chaque bénévole associatif peut citer de nombreux exemples de ces petits gestes invisibles mais indispensables au bon fonctionnement de leur structure, elle-même nécessaire à la population.

J’en profite pour vous mettre en garde comme les dérives. A trop vouloir rendre service, à ne pas vouloir abuser de la générosité d’un bénévole, la limite légale est vite franchie. Pour ne pas être accusé d’emploi déguisé, pensez à contrôler de temps en temps où en est la situation réelle de chaque bénévole. En effet la distinction entre bénévolat et salariat tient à des détails.

Bénévole mais pas trop, le volontaire

Le volontariat international ou local octroit un statut intermédiaire pour travailler dans une association. Avec un contrat de travail en CDD, le volontaire associatif bénéficie d’une reconnaissance administrative et d’une indemnisation financière. Cette dernière est quasiment symbolique mais elle rompt avec la notion de « totalement bénévole ». Ces postes sont parfaits pour compléter une formation professionnelle en toute citoyenneté, au même titre qu’un stage dans le secteur privé.

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Salarié dans une association

 

Toutes les associations quel que soit leur taille ont un bureau de bénévoles élus, à minima président et trésorier, éventuellement secrétaire.

Généralement dans une petite association, les bénévoles réalisent le travail administratif eux-mêmes. Néanmoins en cas d’absence ou d’incompétence d’un élu actif, l’association est en droit de faire appel à un prestataire extérieur, secrétaire indépendante ou comptable, ce qui représente un budget, bien sûr. Une association 1901 peut donc à la fois lancer une recherche de bénévoles et un appel à candidature de prestataire ou de salarié. Ce qui conduit une même équipe à la mixité de statuts. Les dirigeants doivent alors être très vigilants pour éviter les conflits au sein de l’association.

Cas des dirigeants associatifs

Par extension, les structures qui en ont les moyens peuvent embaucher des employés à temps plein ou à temps partiel pour remplir ces missions, y compris celle de dirigeant.

Notez bien, que président et dirigeant ne sont pas forcément une  seule et même personne. Néanmoins, une même personne peut travailler dans une association en cumulant les deux fonctions (vous me suivez ?). Le président est donc un bénévole qui n’est pas payé alors que le dirigeant est un employé qui est payé selon des conditions très cadrées par la loi.

Ainsi, ne croyez pas que de créer une association pour être dirigeant salarié soit une solution à vos problèmes de revenus ou de chômage. De toute façon pour payer un salaire à ses employés, dirigeant ou autre, l’association doit d’abord gagner l’argent qui correspond.

Les mêmes conditions qu’en entreprise

Justement, un emploi est un emploi, quel que soit la structure qui signe le contrat et verse le salaire.

En conséquence de quoi, travailler dans une association se réfère au même droit du travail que pour tous les salariés.  Un contrat est obligatoire pour définir le poste, le temps de travail, le salaire, les congés etc…

De la même façon, les éventuels avantages sociaux comme absence pour enfants malades ou comité d’entreprise, dépendent de la convention collective à laquelle se rattache l’association employeur. Ces bonus professionnels sont généralement liés au nombre de salariés et donc indépendant de la volonté des dirigeants ou du montant des subventions. En toute logique, travailler pour une association est plus avantageux dans une grosse structure comme une fédération ou une ONG nationale, voire internationale. Voyez-y la même nuance que d’être salarié dans une multinationale ou chez un artisan de proximité.

Qui dit emploi sérieux suppose aussi employés compétents et respectueux de leur travail. C’est là une nuance importante vis-à-vis du travail réalisé par les bénévoles. Ces derniers s’avèrent souvent compétents et sérieux mais par sens personnel de l’engagement et non par obligation dans le cadre d’un contrat. Les notions d’obligations et de contrat changent tout.

Quelques spécificités associatives

Pour des raisons à la fois économiques et de cohésion sociale, les associations utilisent massivement les possibilités d’emplois aidés. Elles bénéficient ainsi de l’exonération accordée par l’Etat dans le cadre de la politique nationale du retour à l’emploi. Ces offres d’emploi s’inscrivent dans un parcours d’insertion sociale et de lutte contre l’exclusion pour des personnes en difficulté. Demandeur d’emploi en fin de droit, travailleur en situation d’handicap ou les jeunes sont les profils les plus concernés. Dans ce cadre, le service civique est très répandu actuellement.

Ce qui n’interdit pas l’emploi durable de personnes qui assurent la continuité et la pérennité du projet associatif.

Par ailleurs le système de chèque emploi associatif facilite les formalités administratives au coordinateur associatif. L’organisme intermédiaire gère les formalités liées à l’embauche comme agrément du contrat de travail, cotisations et contributions sociales, congés payés, bulletins de salaire. De la sorte, l’espace employeur sur internet règle les démarches administratives à partir d’informations de base remplies en quelques cases sur un formulaire. En plus de l’identification du salarié, le nombre d’heures de travail effectuées suffisent pour déclencher la protection sociale obligatoire et les cotisations URSAAF. Ces procédures simplifiées sont la forme administrative d’aide à l’emploi. Grace à elles des petites associations compensent la pénurie de bénévoles réguliers par l’embauche d’un salarié.

Tous les métiers sont possibles pour travailler dans une association

Comme dans une entreprise ordinaire, plus l’association 1901 est développée, plus les postes ne sont diversifiés. Il donc possible à tous de travailler dans une association quel que soit son cursus scolaire et / ou professionnel.

Que ce soit dans un ESAT, dans les bureaux d’une fédération ou à l’antenne régionale de la Croix Rouge / Emmaüs / resto du cœur, etc… : femme de ménage, secrétaire, animateur, informaticien, DRH, responsable communication, médecin, etc… peuvent être bénévoles mais le plus souvent, ils  sont salariés.

 

Bien sûr, on imagine bien que le quotidien d’une infirmière dans un dispensaire à Madagascar est très différent que celui d’une rédactrice web au siège parisien d’un parti politique (oui, les syndicats et les partis politiques sont des structures associatives !).

C’est à vous de voir où vous voulez mettre le curseur entre votre emploi et votre engagement militant.

Méfiez-vous de l’idéalisation

Vouloir travailler dans une association pour aligner ses convictions avec son gagne-pain ne doit pas occulter la réalité. En effet, même si l’ambiance est agréable et l’équipe formidable, le quotidien diffère pour les bénévoles et les employés.

Ce phénomène se voit régulièrement dans des domaines très variés.

Par exemple :

J’ai vu des dizaines de cavaliers déçus après avoir obtenu leur monitorat équestre. Ils voulaientt « monter à cheval toute la journée » et se retrouvent à pied au milieu du manège entrain de répéter à des débutants « Baisse tes talons, recules ton dos ».

Ou comme des ultra-urbains idéalisent leur lieu et rythme de vacances. Enthousiastes, ils quittent appartement et emploi pour venir y vivre toute l’année et « changer de vie ». Puis découvrir, trop tard, toutes les difficultés du monde rural.

 

Donc ne confondez pas le monde associatif avec celui des Bisounours. Et rappelez-vous qu’à partir du moment où vous êtes payez, un loisir devient un travail. Le plaisir se transforme en obligation. Etes-vous prêt à ce changement de perception ?

D’ailleurs, les statuts sont différents entre salariés et bénévoles parce que le niveau d’exigence de la structure est adapté au cas de chacun. Vérifiez ce qu’il en est parmi tous les clichés sur le salariat en association. Vous n’y avez jamais songé en tant que bénévole ou simple adhérent, mais vous risquez d’y être confronté en tant qu’employé.

Pour vous renseigner plus précisément, sur les avantages et inconvénient de chaque statut de travailleur associatif, je vous recommande ce guide de conseils pour les candidats à un emploi associatif.

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Prestataire et fournisseur pour associations

 

Il est aussi possible de travailler pour les associations sans être salarié, simplement fournisseur indépendant payé sur facture.

Prestataire expert

La plupart de nos amies animatrices ou conférencières indépendantes, ou entraineur sportif rentrent dans ce cadre-là. Bien sûr,  les statistiques qui annoncent 2 millions de salariés dans le monde associatif ne les prennent pas en compte. D’autant qu’ils interviennent souvent dans des petites structures, qui justement n’ont pas ou peu de salariés.

Pour exemple, mon association de loisir « Passe-Temps » coordonne les ateliers de neuf clubs dont trois sont animés par des prestataires indépendants. Leurs cours représentent un total 15 heures par semaine, soit 540 heures par an. Ceci est équivalent à un plein temps sur trois mois. Donc, indirectement l’association fournit un quart d’emploi à la société française. A multiplier par le nombre d’associations qui recourent à des prestataires interdépendants. Cela représente combien de chômeurs en moins ?

 

Travailler dans une association avec un statut de prestataire représente une situation très précaire. D’ailleurs ces métiers sont durement touchés depuis les confinements et couvre-feu liés à la crise sanitaire. Cependant la précarité de leur situation est le prix de leur liberté. Ce qui ne veut pas dire qu’ils soient miséreux. Seulement, ils doivent cumuler des missions variées pour gagner leur vie :

 

Par exemple, donner des cours dans plusieurs contextes, selon les moments de la semaine ou de l’année :

Fournisseur

Nous avons vu qu’il est possible de travailler dans une association sans être salarié. Justement, parmi les prestataires du monde associatif,  évoquons tous les professionnels dont l’activité se prête particulièrement à ce public, en marge d’une clientèle de particuliers ou de collectivités.

Traiteur, imprimeur, équipementier sportif, créateur de tenue de gala (danse, patinage, gym etc..), personnalisation de vêtements.

Bien sûr, ici nous trouvons  toutes les  tailles d’entreprises et des domaines très variés.

Certains poussent leur volonté de travailler pour les associations jusqu’à se consacrer uniquement aux associations dans un service hyper spécialisé. Pour exemple, un cabinet d’avocats, une mutuelle pour employés associatifs, création de sites internet ou…. Un service d’accompagnement à la communication comme choup.online (c’est moi !).

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En conclusion, comment travailler dans une association ?

 

Le monde associatif est donc un univers à part entière, avec un fonctionnement qui lui est spécifique. On parle d’économie sociale et solidaire «  ESS »,  J’utilise très peu cette expression parce qu’à mes yeux, elle n’est  pas représentative de la réalité du bénévolat. Elle concerne surtout les 10% de structures en haut de la pyramide. Alors que la communauté Choupy regroupe des discrets, tous les autres.

Ceux qui souhaitent travailler dans une association doivent d’abord réfléchir au statut le plus opportun pour eux. Peu importe leur métier et leur choix de vie, toutes les possibilités sont envisageables.

 

      1. Bénévole sans contrainte
      2. Salarié sous contrat
      3. Prestataire indépendant
      4. Fournisseur engagé
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